Sommes-nous des poids plumes-

Sommes-nous des poids plumes?

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Le bénévolat et les dons de bienfaisance sont considérés comme des aspects importants de la vie canadienne : avec raison, on les encourage comme autant de façons d’améliorer notre pays. Pourtant, les Canadiens délaissent actuellement une autre façon de renforcer le pays : l’activité politique. Ce désintérêt contraste vivement avec le pouvoir de la politique : après tout, c’est par le truchement de la politique que sont dépensés les fonds publics et, en bout de ligne, prises les décisions qui gouvernent notre vie collective.

À titre d’exemple, 80 % des Canadiens votaient aux élections fédérales il y a 50 ans. Aujourd’hui, le taux de vote aux scrutins fédéraux est d’environ 60 %, et il est souvent beaucoup plus bas encore aux paliers provincial et municipal. Et cette chute a été la plus prononcée ces 25 dernières années.

Beaucoup d’études attestent cette réalité, mais les autres formes de participation politique – c’est-à-dire autres que le vote – et leur importance pour la vitalité de la vie politique au Canada font plus rarement l’objet d’études.

Au cours de l’année, Samara a mené un sondage sur les différentes formes de l’engagement politique des Canadiens entre les périodes de scrutin. Ont ainsi été recensées vingt activités, réparties en cinq grandes catégories : les discussions en ligne, les discussions hors ligne, l’activisme, l’engagement civique et l’engagement officiel (voir page 3).

Le sondage a révélé que les Canadiens donnent de leur temps et de leur argent pour améliorer la vie de leur communauté, mais qu’ils sont beaucoup moins nombreux à consacrer la même énergie à la politique:
  • 55 % des Canadiens font du bénévolat, mais seulement 10 % se portent volontaires lors des scrutins.
  • 84 % font des dons en argent à des organismes caritatifs ou à but non-lucratif, mais seulement 10 % font des contributions à des candidats ou à des partis politiques.
  • 58 % sont membres d’un groupe ou d’une association, mais seulement 10 % sont membres d’un parti politique.
Aux fins du sondage, Samara a choisi des activités politiques qui favorisent le contact entre les citoyens ou l’expression publique d’opinions; les activités plus solitaires, comme écouter les nouvelles, n’ont pas été retenues. Certaines des activités choisies – envoyer un « gazouilli », parler de politique, etc. – ne demandent que très peu de temps ou d’énergie. D’autres, comme le bénévolat auprès d’un organisme communautaire, sont souvent considérées comme des activités civiques plutôt que politiques, mais ces activités jouent un rôle essentiel à la vie politique d’une personne en ce sens qu’elles permettent à tout un chacun d’interagir et d’exprimer ses opinions sur tel ou tel enjeu avec ses compatriotes.

SOMMAIRE DES RÉSULTATS

Les Canadiens, en moyenne, ne participent qu’à cinq des vingt activités retenues aux fins du sondage; 10 % ne participent à aucune activité politique. C’est dans la catégorie « engagement officiel », soit les interactions directes et structurées avec le monde de la politique, qu’on observe le taux de participation le plus bas. Par contre, près de la moitié des Canadiens s’adonnent à des activités comme signer des pétitions, boycotter un produit ou adhérer à un groupe.

Les jeunes de 18 à 34 ans affichent presque partout un taux de participation plus élevé que les Canadiens plus âgés, sauf dans la catégorie de l’engagement officiel.

Enfin, les Canadiens dont l’engagement politique prend une forme officielle sont ceux qui font le « gros du travail » politique. Ils s’adonnent à au moins la moitié des activités étudiées, et, loin de se limiter aux intérêts partisans, leur participation s’étend à toutes les catégories d’engagement.

Dans l’ensemble, ces données confirment ce que les Canadiens soupçonnent implicitement, et ce que la chute du taux de participation au vote signale depuis des décennies : si la participation active est essentielle à la santé d’une démocratie, celle du Canada est souffrante. Et ce sont surtout les activités politiques « organisées » qui ont perdu leur cachet, ou ont trop peu « soigné leur image », auprès de la plupart des Canadiens, particulièrement les jeunes.
Si la participation active est essentielle à la santé d’une démocratie, celle du Canada est souffrante.
“Dans le présent rapport, « Sommes-nous des poids plumes? Les formes de participation politique autres que le vote », Samara dresse le portrait des niveaux d’activité politique au Canada pour susciter la discussion sur l’engagement et sensibiliser la population aux dangers que pose une faible participation politique. L’objectif visé est d’attirer l’attention à ces enjeux qu’on a négligés depuis trop longtemps.

Le rapport complet

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