Guide pratique du Centre Samara sur les conversations politiques en ligne

Guide pratique du Centre Samara sur les conversations politiques en ligne


Environ neuf Canadiens sur 10 actifs en ligne utilisent les réseaux sociaux, qui représentent peut-être la sphère publique la plus influente dans notre société. C’est là que les politiciens s’adressent aux citoyens, qu’il s’agisse des éruptions de colère matinales d’un certain président américain ou des photos plus mondaines des politiciens canadiens. C’est là aussi que les citoyens interpellent leurs dirigeants d’une façon libre et directe, sans intermédiaire. Et c’est surtout là que nous discutons entre nous, en tant que citoyens, des grands enjeux auxquels nous sommes confrontés. Dans un pays aussi vaste que le Canada, les réseaux sociaux permettent d’avoir des échanges personnels directs qui ne seraient pas possibles autrement.

En théorie, il s’agit d’une chose extraordinaire pour notre démocratie. On nous demande de ne pas parler de religion ni de politique, mais les conversations politiques sont vitales pour la démocratie. Or les choses ont mal tourné dans la pratique. Nous n’avons pas le même comportement sur les réseaux sociaux. Les conversations politiques y sont souvent plus colériques que celles dont nous sommes témoins hors ligne. Le harcèlement et l’extrémisme prolifèrent sur les réseaux sociaux. Plus tôt cette année, le premier ministre a parlé de « Far West ».

On a beaucoup parlé de ce que les gouvernements et les plateformes de réseaux sociaux devraient faire. Mais à la veille d’une élection nationale, le Centre Samara a porté son attention sur les citoyens eux-mêmes. Ce rapport rassemble ce qui ressort de l’étude des conversations difficiles et de celle des réseaux sociaux pour voir ce qui va mal et pourquoi c’est important, les mesures que nous devrions attendre du gouvernement et comment les citoyens peuvent changer la nature des conversations politiques en ligne.

Lisez le guide pratique ci-dessous ou accédez au PDF.


Sept techniques pour améliorer les conversations politiques en ligne :

1.   Montrez l’exemple : Le fait d’agir avec courtoisie peut inciter les autres participants à une conversation à suivre votre exemple.

2.   Surveillez votre propre camp : Le fait de dénoncer le manque de courtoisie est particulièrement  efficace quand on s’adresse à quelqu’un du même camp politique.

3.   Pratiquez une politique des petits pas : Le fait de changer graduellement votre façon d’utiliser la technologie peut réduire la probabilité de recourir aux réseaux sociaux en coup de vent, donc d’avoir des échanges irréfléchis et agressifs.

4.   Approfondissez les choses : Le fait d’inviter les gens à expliquer en détail les choix politiques qu’ils soutiennent, et d’en faire autant, peut réduire la polarisation.

5.   Recadrez votre langage : Le fait de réfléchir aux fondements moraux d’un argument, et de les refléter dans ce que vous dites, peut réduire la distance psychologique entre vous et votre interlocuteur.

6.   Rappelez-nous ce que nous avons en commun : Le fait d’amener quelqu’un à envisager les identités qui nous unissent (comme l’identité citoyenne) plutôt que celles qui nous divisent (comme les affiliations à des partis) peut réduire la polarisation.

7.   Débusquez les inforobots : Dépistez les comptes fictifs et évitez de leur donner ce qu’ils recherchent—de l’attention. 

Un mot à propos des données

Sauf indication contraire, les données contenues dans ce guide pratique proviennent du sondage du Centre Samara sur la politique et les réseaux sociaux mené par Daniel Rubenson et Peter Loewen entre le 17 et le 19 juillet 2019 auprès de 1 010 Canadiens très actifs sur les réseaux sociaux. L’échantillon du sondage en ligne fourni par Dynata a été tiré avec les quotas des régions, sexes et langues, et pondéré d’après les valeurs de recensement pour l’âge, le sexe, la langue, la région et le statut d’immigration.